Laurence Yadi & Nicolas Cantillon
Compagnie 7273
Listen & Watch - Romance-s | créations chorégraphiques 2009
Crédit photo : Michel Cavalca
« (…) Laurence Yadi et Nicolas Cantillon signent une pièce d’une sensualité âpre. Pourquoi est-ce si fort ?Parce que chacun de leurs gestes est invention d’eux-mêmes et rétrospective: Lancelot et Guenièvre, Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg dans A bout de souffle, Joaquin Phoenix et Gwyneth Paltrow dans le récent Two Lovers. L’amour courtois des chevaliers, le romantisme en queue de poisson de Jean-Luc Godard, la nappe d’écume que laisse l’adolescence chez certains adultes.Laurence Yadi et Nicolas Cantillon, eux, ne se prévalent d’aucune légende. Trop de talent pour recourir à ce subterfuge. Ils s’élèvent, s’emmêlent comme les racines d’un baobab, se défilent quand l’étreinte se fait tyrannique. »
A propos de Romance-S /Le Temps (Suisse), Alexandre Demidoff, septembre 2009.
« Ainsi, dans le spectacle, naissent des images de climax appartenant aux domaines les plus divers: la crucifixion du Christ, l’explosion de joie d’un joueur ou d’un supporter au moment d’un goal, le salut de Hitler et James Bond l’arme au poing. »
A propos de Listen & Watch (Climax revisité) / Journal de l'adc (Suisse) Myriam Kridi, janvier 2006.
Les artistes
Nicolas Cantillon & Laurence Yadi /COMPAGNIE 7273
Drôle de compagnie. Qui cherche ce que danser veut dire, danse qui a lieu, qui s’invente à mesure qu’elle se fait, qui travaille l’obscur sur le sable.
Les chorégraphes français Nicolas Cantillon et Laurence Yadi partagent leur vie et leur activité professionnelle entre la Suisse et la France.
Après une expérience de chanteur guitariste dans le groupe Cryse 17, Nicolas Cantillon débute une formation de danseur au conservatoire Marius Petipa en 1989. Laurence Yadi termine une formation sport et études à Paris en 1991. Deux ans plus tard, elle obtient une bourse pour intégrer le centre Alvin Ailey à New York.
Au terme de leurs apprentissages respectifs, tous deux vont multiplier les collaborations comme interprètes et assistants chorégraphiques, parfois dans les mêmes structures : au sein, notamment, du Ballet J. Art de Paris et de la Compagnie genevoise Alias, auprès de Gisela Rocha et de Rui Horta.
Nicolas Cantillon et Laurence Yadi créent leur première pièce en 2003, La vision du lapin, qui interroge les codes de la représentation. Avec Simple proposition, en 2004, ils abordent une recherche sur le duo et la fragmentation du mouvement. La pièce inspire le court métrage Durée déterminée qu'ils co-réalisent en 2005 avec Frédéric Lombard et Jennifer Bonn.
Suivra Climax en 2006, partition solitaire qui, dans un flux continu, dessine un passage secret entre la joie et la mélancolie. La pièce vaudra à la Compagnie le prix de la Fondation Lietchi pour les Arts. On stage, en 2007, se veut une variation condensée de Climax, dont émerge une réflexion sur le temps et sur le rythme.
Cette même année, ils créent Merry-go-round pour le Ballet Junior de Genève, reconfigurant le modèle fourni par Climax aux dimensions du Ballet.
Toujours en 2007, la Compagnie entreprend de développer une problématique axée sur la musique folk et son impact sur la création, sous la forme d'une trilogie. En concert, ensemble de chansons et musiques originales jouées sur scène par les chorégraphes est la préfiguration de Laï laï laï laï, pièce pour 4 danseurs, créée en 2008, qui constitue le premier volet de la trilogie.
En 2009, ils poursuivent la relecture de Climax en créant Listen & Watch, avec le guitariste et compositeur américain Sir Richard Bishop de Seattle. En septembre de la même année, Laurence Yadi et Nicolas Cantillon puisent à la source de l’expérience amoureuse et créent le duo Romance-s.
Sir Richard Bishop, guitariste
Membre fondateur des Sun City Girls (1981-2007), pionniers de l’ethno-impro, le guitariste américain Richard Bishop a passé les 26 dernières années de sa vie à rendre perplexe, étonner et troubler ses auditeurs. Au début de l’année 2005, il commence à tourner en tant qu’artiste solo, se produisant à travers l’Europe, l’Australie et les USA. Habituellement muni d’une seule guitare acoustique, il a tourné avec “Prince” Billy, Ben Chasny, Six Organs of Admittance, Espers, Devendra Banhart et bien d’autres encore.
Ses solos de guitare explorent l’univers musical de l’Inde, du Moyen-Orient tout comme celui de la musique gitane. On peut y reconnaître les influences d’un Django Reinhardt, d’un Jimmy Page et d’un Ravi Shankar.
Discographie:
- Salvador Kali 1998 John Fahey’s Revenant Label
- Improvika 2004 Locust Music
- Fingering the Devil 2006 Southern Records, UK
- Elektronika Demonika 2006 Locust Music
- While My Guitar Violently Bleeds 2007 Locust Music
- Polytheistic Fragments 2007 Drag City
Programme (1h30) - au choix :
Romance-s (45 min.) est un duo interprété par les deux chorégraphes danseurs Laurence Yadi et Nicolas Cantillon. La représentation sera suivie d’une rencontre (30 min.) avec les deux artistes et d’une projection du film Durée déterminée (10 min.) qu’ils ont réalisé avec le vidéaste Frédéric Lombard.
ou
Listen & Watch (40 min.) réunit sur scène le chorégraphe danseur Nicolas Cantillon et le guitariste américain Sir Richard Bishop. Le spectacle sera suivi d’une rencontre (30 min.) avec les chorégraphes français Nicolas Cantillon et Laurence Yadi, ainsi que le guitariste Richard Bishop. Cette rencontre avec le public se terminera par la prestation en solo On Stage dansée par Laurence Yadi (10 min.).
Rencontres et ateliers
Parallèlement aux spectacles proposés par Laurence Yadi et Nicolas Cantillon, les chorégraphes se tiennent à la disposition des organisateurs pour d’autres rencontres selon la demande de chaque ville : aller à la rencontre de danseurs et chorégraphes locaux ou donner des master class et/ou ateliers d’initiation pour des publics amateurs ou professionnels.
Note sur les chorégraphies
Romance-S (interprètes : Nicolas Cantillon et Laurence Yadi)
Romance-s propose une lecture de l'entre-corps, cet espace commun à l'amour et à la danse. Quel est ce corps que j'aime ? Quel est ce corps avec lequel je danse ? Quels sont les différents états de ce corps ? Que me dit-il de mon propre corps ? A chaque spectateur, son exploration.
Romance-s puise à la source de l'expérience amoureuse pour donner à voir une pièce dont la trajectoire arpente le territoire du couple et celui de la danse, l'un et l'autre voués à s'imbriquer, se transformer, se questionner. Le pluriel, manifestement détaché du titre, proclame le caractère universel du propos : la romance (poème espagnol en vers octosyllabiques mais aussi chanson sentimentale de caractère naïf et attendrissant) évoque le fonds commun à toute histoire d'amour, qui réinvente les lieux communs avec une sincérité absolue. Plus que jamais, la pièce se veut dialogue avec le spectateur, du fait de l'engagement des chorégraphes dans ce champ partagé.
Le pluriel induit également la multiplicité des types de perception qu'offre le spectacle : au delà de certaines références reconnaissables, la pièce dépasse la mimesis pour atteindre des zones sensorielles enfouies, comme une mémoire endormie.
Le regard inscrit la pièce dans le présent et ouvre sur une aire de présence continue, accentuée par une gestuelle au ralenti, qui décompose la chaîne du mouvement avec une précision sismographique. L'effet de dilatation temporelle qui en résulte accroît la tension. Les corps se tournent autour, se provoquent, se dérobent, dans un flux progressif qui fait alterner les figures antagonistes : contact/séparation, s'enlacer/se faire mal, aplomb/déhanché, prendre appui/défaillir...
Toujours, c'est le corps de l'un qui met en mouvement le corps de l'autre, dans une interaction subtile où les pouvoirs se distribuent, se mesurent, s'échangent.
Il semble parfois que les danseurs se font à tour de rôle proie et prédateur, luttant pour leur survie ou leur territoire. La gravité, perpétuel destin à vaincre, disait Bachelard, est une des forces dominantes de la pièce. Chacun est travaillé par la pesanteur de l'autre.
Toutes ces micro-tentatives vont monter en puissance et s'intensifier dans un flamenco revisité par les chorégraphes.
Listen & Watch (Climax revisité – interprètes : Nicolas Cantillon et Sir Richard Bishop)
Corps sauvage. Folie musicale de Bishop.
Corps léger. Contrainte de la fixité mouvement de Cantillon.
En 2006, Laurence Yadi et Nicolas Cantillon composent la partition de Climax soit un solo de 40 minutes dansé par Nicolas Cantillon, sans interruption et en silence. Celui-ci remporte le prix de la Fondation Lietchi pour les Arts.
L'écriture ramasse le mouvement au centre de la scène et se donne pour contrainte de ne jamais répéter les mêmes figures. Structurée autour d'une succession d'images emblématiques empruntées à l'histoire de la danse, du sport ou de la politique, la pièce brouille l'identification de ces repères et perturbe la définition du « climax ». Crucifixion, poing levé des Black Panthers, ou hommage au Faune de Nijinski.
Ils découvrent en 2007 l'univers du guitariste Sir Richard Bishop, découverte qui ouvre sur une relecture de Climax.
« Puis, un jour, nous avons écouté Sir Richard Bishop et ce fut évident. Il improvise et crée à force d’instinct. Il est animal. Nous travaillons de façon identique. ».
Cette musique leur semble pouvoir se substituer au silence qui enveloppe Climax, modifiant ainsi la perception de la pièce et déplaçant la focale grâce à la présence du musicien sur scène.
Electrique, romantique, discret, bluesman…L’artiste américain et sa guitare, qui joue comme l’on farandole, comme l’on se love dans les rondes avec l’envie de n’en sortir plus, lui et sa musique expérimentale, ses Sun City Girls, son monde indien, gypsy, africain, sait mélanger les traces pour en ouvrir d’autres.
Liens
http://www.cie7273.com/
http://www.cie7273.com/06_video_10.html (extrait de Romance-S)
http://www.cie7273.com/06_video_09.html (extrait de Listen & Watch)
http://www.sirrichardbishop.net/
http://www.myspace.com/sirrichardbishop
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