Jean-François Clervoy
En partenariat avec le CNES (Centre National d’Etudes Spatiales)
et l’ESA (European Space Agency/Agence Spatiale Européenne)
« Il flirte avec la terre et l’espace, amoureux de la première et fasciné par le second. Explorateur hors du commun, au service des hommes et de la science, il poursuit son rêve bien au-delà des limites de l’entendement. » Fondation Zellidja
Le CNES
Etablissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), le Centre national d’études spatiales (CNES) est chargé de proposer au gouvernement la politique spatiale de la France au sein de l’Europe et de la mettre en œuvre. A ce titre, il « invente » les systèmes spatiaux du futur, maîtrise l'ensemble des techniques spatiales, et garantit à la France l'accès autonome à l'espace.
Acteur majeur de l'Europe spatiale, le CNES est force de propositions pour maintenir la France et l'Europe en tête de la compétition mondiale. La participation de la France à l'Agence spatiale européenne (ESA) est également assurée par le CNES.
Il s'entoure de partenaires scientifiques et industriels avec lesquels sont réalisés les programmes spatiaux qu'il conçoit. Il est engagé dans de nombreuses coopérations internationales, indissociables de toute politique spatiale d'envergure.
L’ESA
L'Agence spatiale européenne représente pour l'Europe une porte d'accès à l'espace. Sa mission consiste à façonner les activités de développement des capacités spatiales européennes et à faire en sorte que les citoyens européens continuent à bénéficier des investissements réalisés dans le domaine spatial. L'ESA compte 18 États membres. En coordonnant les ressources financières et intellectuelles de ses membres, elle peut entreprendre des programmes et des activités qui vont largement au-delà de ce que pourrait réaliser chacun de ces pays à titre individuel.
L'ESA a pour mission d'élaborer le programme spatial européen et de le mener à bien. Les projets de l'Agence sont conçus pour en apprendre davantage sur la Terre, sur son environnement spatial immédiat, sur le système solaire et sur l'Univers ainsi que pour mettre au point des technologies et services satellitaires et pour promouvoir les industries européennes.
L'ESA travaille également en étroite collaboration avec des organisations spatiales hors d'Europe de manière à ce que les bienfaits de l'espace profitent à l'humanité entière.
L’intervenant
Jean-François Clervoy est le seul astronaute français à avoir eu le privilège d'approcher le télescope Hubble en vol. C'est aussi celui qui a été le plus souvent envoyé dans l'espace (à égalité avec Jean-Loup Chrétien).
Il est membre du corps des astronautes de l’ESA (Agence Spatiale Européenne) et Président Directeur Général de Novespace, la filiale du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) en charge des vols paraboliques sur l’A300 ZERO-G. Il est également membre d’honneur de différentes institutions : l'Association des Explorateurs de l’Espace (ASE), l'Association Aéronautique et Astronautique de France (AAAF), l'Académie de l'Air et de l'Espace (ANAE) et l'Académie Internationale d'Astronautique (IAA).
Diplômé de l'Ecole Polytechnique de Paris en 1981 et de l'Ecole Nationale Supérieure de l'Aéronautique et de l'Espace à Toulouse en 1983, Jean-François Clervoy obtient son brevet d'Ingénieur Navigant d'Essai en 1987 et devient ingénieur général de l’armement de la DGA (Délégation Générale de l’Armement) dont il est détaché auprès du CNES (Centre National d'Etudes Spatiales). Il est sélectionné pour faire partie du deuxième groupe d'astronautes français en 1985. De 1987 à 1992, il dirige le programme de vols paraboliques au Centre d’Essais en Vol à Bretigny-sur-Orge.
Dans la même période, il travaille au sein du bureau des équipages du projet d'avion spatial Hermes de l'ESA à Toulouse et participe à la définition et aux essais des interfaces homme-machine des véhicules spatiaux habités européens. En 1991, il s’entraîne à la Cité des Etoiles près de Moscou sur les systèmes des vaisseaux russes Soyouz et Mir. En juin 1992, il intègre le corps des astronautes de l'ESA, au Centre des astronautes européens (EAC), à Cologne en Allemagne.
En août 1992, Jean-François Clervoy est détaché par l'ESA auprès du bureau des astronautes du Johnson Space Centre de la NASA à Houston aux Etats-Unis, afin d’obtenir sa qualification de spécialiste de mission pour la Navette spatiale. Jean-François Clervoy a volé deux fois à bord de la navette spatiale Atlantis puis une troisième fois à bord de Discovery et totalise 675 heures dans l’espace.
Il participe ainsi au vol spatial STS-66 (3-14 novembre 1994) consacré à l’étude de la composition de l'atmosphère terrestre et de son évolution sous l’influence de l'énergie solaire. Au cours de ce vol, il passe 262 heures et 34 minutes en vol et réalise 175 orbites terrestres ; puis au vol spatial STS-84 (15-24 mai 1997), une mission d'amarrage de la Navette spatiale à la station russe Mir. Pour cette mission, il est préparé aux sorties dans le vide en cas d’urgence ; enfin, au vol spatial STS-103 (19-27 décembre 1999) qui a pour objectif principal de réparer le télescope spatial Hubble, mis en sommeil après une succession de pannes des gyroscopes nécessaires au pointage fin.
Après son troisième vol, il devient responsable de l’intégration des interfaces de contrôle de tous les systèmes de la station spatiale internationale. De 2001 à 2008, il est nommé astronaute de marque du projet ESA de ravitailleur spatial ATV (Automated Transfer Vehicle) aux Mureaux. En 2008, il fait partie du jury de sélection de la nouvelle promotion d’astronautes de l’ESA.
Il est l’auteur du livre « Histoire(s) d’Espace » relatant sa troisième mission vers le télescope spatial Hubble.
Jean-François Clervoy a été décoré trois fois de la médaille « Vol spatial » et deux fois de la médaille « Service Exceptionnel » de la NASA. Il est Officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur et Chevalier de l'Ordre national du Mérite.
Conférences
Vivre et travailler dans l’espace
Vivre et travailler dans l’Espace ? Y vivre c’est faire du camping à la nuance près que les astronautes sortent peu de leur abri. Y travailler, c’est essentiellement effectuer des séries d’opérations soigneusement codifiées. Les astronautes peuvent avoir été scientifiques, ingénieurs, pilotes dans leurs métiers précédents. Au cours d’une mission spatiale, il leur est demandé d’être des opérateurs : être opérateurs d’instruments scientifiques parfois complexes (bien les pointer, bien les calibrer, bien régler les paramètres, etc. …), piloter ou réparer des satellites défectueux. Les astronautes sont donc avant tout des opérateurs (même si la plupart d’entre eux sont un peu des explorateurs dans l’âme), tout étant exécuté selon des procédures très codifiées. Le principal défi, dans la vie à bord, c’est d’abord l’organisation -camper en impesanteur, dormir, manger, se laver, se détendre et gérer des centaines d’objets chaque jour…
Cette conférence fera découvrir les caractéristiques du voyage spatial: la puissance phénoménale des moteurs au décollage, l’impesanteur, le ciel noir en plein jour, la beauté et la puissance de la Terre. Elle répondra aussi aux questions sur le travail dans un véhicule spatial très complexe : l’esprit d’équipe, les opérations robotiques, les sorties dans l’espace, la gestion des pannes, le risque.
STS-103, mission spatiale pour la Science
La troisième mission, STS-103, était consacrée à la réparation et l’amélioration du télescope spatial Hubble (HST). Deux mois avant le décollage, il était devenu inutilisable suite à une panne de gyroscope à bord du satellite.
Nous portions sur nos épaules la carrière de plusieurs centaines de scientifiques ne vivant que des données transmises par ce télescope, encore inégalé aujourd’hui pour l’imagerie de l’univers lointain dans le visible. D’après les découvertes faites grâce au HST, les spécialistes s’accordent à lui reconnaître la même gloire qu’à la première lunette astronomique inventée par Galilée. L’orbite du HST est aussi unique par son altitude : la plus haute jamais atteinte par la navette. J’ai pu contempler notre planète à plus de 600 km de hauteur, deux fois plus loin que les autres vols spatiaux.
Combinée à la brillance maximale de la pleine lune pendant la mission, j’ai joui d’un spectacle exceptionnel de la zone d’ombre de la Terre marquée par la phosphorescence magique des continents. Les résultats spectaculaires de notre mission de sauvetage présentés à notre retour par le Space Telescope Science Institute, qui gère les données du HST, me donnent la profonde conviction d’avoir servi la Science. Je serai fier de pouvoir raconter à mes petits enfants « J’y étais », en espérant leur communiquer ce goût pour l’aventure humaine.
La station spatiale et les enjeux de la coopération internationale
La station spatiale internationale, créée par la NASA et placée en orbite terrestre à basse altitude est occupée en permanence par des équipages internationaux depuis 2000. Elle est en 2009 le plus grand objet artificiel placé en orbite terrestre (15 tours/jour).
Observatoire privilégié de la terre et de l’espace, elle devrait être complètement opérationnelle en 2011, doit rester en fonction jusqu'en 2016 mais son exploitation pourrait être prolongée jusqu'à 2020…
Elle est le fruit d’un programme de coopération internationale unique entre les Etats-Unis, l’Europe, le Canada et le Japon -qui ont rejoint la station en 1986, à l’invitation du président Reagan, et la Russie qui a été associée au projet plus tardivement, en 1993.
Ce programme ambitieux est régi par trois types de conventions internationales : un traité intergouvernemental signé par une quinzaine d’états au total le 29 janvier 1998 ; quatre accords (Memoria of Understanding/MoU) signés par la NASA avec chacune des agences spatiales impliquées : l’ESA (Agence Spatiale Européenne), la CSA (Canadian Space Agency), la RKA, l’agence russe Rosviakosmos et enfin la NASDA, l’agence spatiale japonaise ; et enfin plusieurs conventions de coopération bilatérale entre les différents pays associés.
Les motifs qui sous-tendent cette coopération sont tout à la fois :
- politiques : ce programme contribue en effet au maintien de relations pacifiques entre les pays concernés ; il renforce la cohésion politique et industrielle interne à l’Europe et en fait un partenaire compétitif à l’échelle mondiale;
- techniques : cette coopération permet de capitaliser des compétences et savoir-faire opérationnels, technologiques et industriels européens en matière de vols habités dans l’espace (longue durée), faisant parfois intervenir des opérations très complexes; la station est destinée à servir aussi de plateforme en vue de futures missions exploratoires dans l’espace.
- stratégiques et économiques : elle stimule la recherche scientifique et ses applications dans l’espace ainsi que dans le domaine des nouvelles technologies ; elle contribue au développement de nouveaux marchés propres à la production industrielle d’infrastructures spatiales.
Cette station spatiale démontre aujourd’hui que la recherche peut échapper aux conflits d’intérêts d’ordre politique ou économique propres à chaque pays impliqué, pour répondre à des objectifs nobles et universels dont l’aboutissement implique un nécessaire dépassement des frontières…
Liens
http://www.france24.com/en/20090720-the-interview-jean-francois-clervoy
http://www.dailymotion.com/video/x8e77w_en-route-pour-mars-jeanfrancois-cle_news
http://www.youtube.com/watch?v=_7TlPnkZuWs
http://www.esa.int/esaHS/ESA1BUZUMOC_astronauts_0.html
http://www.cnes.fr
www.esa.int
Accueillir cette conférence - Formulaires en ligne
Accueillir cette conférence - Formulaires papier téléchargeable