Sylvie Germain


Programme Synergie, en collaboration avec les services culturels
de l’Ambassade de France aux Etats-Unis (New York)

Dans le cadre du Mois de la Francophonie

"On écrit, certes, dans une totale solitude et jamais pour un public – ce serait lui manquer de respect – mais jamais pour soi seul non plus. On écrit en fait pour ce qu’il y a d’altérité en soi. Pour tous ces mots qu’on a entendu dire. Pour ces morts dont le visage ou le regard reviennent dans la densité extrême de la concentration."

"Quand j'écris un roman, je ne pars jamais d'une idée précise, ni même d'un plan. A l'origine, il s'agit plutôt d'une image mentale, souvent énigmatique, qui s'impose à moi et s'enrichit peu à peu de mes pensées, de mes émotions."
Entretien /Télérama

L’intervenante

Après des études de philosophie à la Sorbonne - où elle reçoit l'enseignement, entre autres, d'Emmanuel Levinas, Sylvie Germain se lance dans des recherches sur l'ascèse dans la mystique chrétienne -son sujet de maîtrise- et sur le visage humain, son sujet de doctorat.
Elle entre au ministère de la culture en 1981, à la direction de l'audiovisuel, et se met à écrire des contes et des nouvelles. C'est sur les conseils de l'écrivain Roger Grenier, à qui elle envoie un recueil d'écrits, qu'elle se lance dans l'écriture de son premier roman, Le livre des nuits, qui sera publié en 1984 et recevra six prix littéraires.

Entre 1986 et 1992, elle connaît sa 'période tchèque', s'installe à Prague où elle travaille comme documentaliste et professeur de philosophie à l’Ecole française ; son roman Jours de colère, qui sort en 1989, est récompensé par le prix Femina. Le retour à Paris en 1992 est difficile et ne dure que deux ans : Sylvie Germain part vivre à La Rochelle, puis à Pau, où elle se consacre à son métier d'écrivain entre fictions et essais. En 1994, elle publie Immensité, qui explore la souffrance des hommes dissidents que la Révolution de velours n’a toujours pas libérés.

En 1999, Sylvie Germain signe un essai sur la vie d'Etty Hillesum: cette jeune femme juive hollandaise morte à Auschwitz en novembre 1943, laissant derrière elle un Journal et des Lettres édifiants. Sylvie Germain revient sur le cheminement spirituel de cette femme exceptionnelle.
Un an plus tard, l'auteur fait preuve de sa faculté à exceller dans un genre comme dans un autre en publiant un récit de voyage, un essai spirituel et un album de photographies. Au-delà de cette apparente diversité des genres, Sylvie Germain crée un univers d’une grande cohérence où se mêlent tour à tour sacré et merveilleux. L’exode, le souvenir de la Shoah, la souffrance de l’homme et le silence de Dieu continuent encore et toujours d’inspirer des mots, qui, à ses yeux, sont «luisants de pluie, de sang, de boue, poudroyant de lumière.»

En 2002 paraît La Chanson des Mal-aimants aux éditions Gallimard, puis en 2005, sort son roman Magnus, qui reçoit le prix Goncourt des lycéens, confirmant une fois de plus le talent et l'érudition de l'auteur.
Son dernier roman L’Inaperçu, publié aux éditions Albin Michel en 2008 « multiplie dans un jaillissant flot d'écriture scènes étranges et paraboles, où dominent surtout de vénéneuses et magnifiques portraits de femmes ».

Conférence

Dans une rencontre qu’elle souhaite informelle, Sylvie Germain évoquera, à la lumière d’extraits de ses principales œuvres (Le livre des nuits, Jours de colère, Eclats de sel, Magnus, L’Inaperçu, etc.), le processus d’écriture et ses sources d’inspiration –religieuses, philosophiques, artistiques.
Cette intervention fera apparaître, en filigrane, la cohérence d’un univers littéraire qui brille pourtant par la diversité des genres traversés.

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