Gérard Pascal


L’Intervenant

Chevalier dans l’ordre National du Mérite, Membre de l’Académie d’agriculture de France et des Technologies, Gérard Pascal est Directeur honoraire de Recherches à l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).
Il débute en tant qu’ingénieur biochimiste à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Lyon. Gérard Pascal est ensuite recruté à l’INRA. Il a monté de nombreuses équipes de recherches relatant des problèmes de nutrition (création du département Nutrition, Alimentation et Sécurité des Aliments (NASA), création de Centres de Recherche en Nutrition Humaine (CRNH)…) et assure encore la représentation de l’INRA dans diverses instances.

Gérard Pascal engage la France dans des actions de coopération scientifique européenne dans le domaine de l’alimentation lorsqu’il prend la direction du Centre National d’Etudes et de Recommandations en Nutrition et en Alimentation (CNERNA) au CNRS.

Parallèlement à ses activités de recherche, Gérard Pascal a mené diverses expertises, dont les plus récentes sont celles liées à la crise de la « vache folle ». Il est membre du comité scientifique multidisciplinaire sur « la vache folle » de 1996 à 1997, avant d’être nommé président du Comité Scientifique de l’Alimentation Humaine de la Communauté Economique Européenne. Il poursuit sa mission d’expert en créant l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (AESA) en 2003. A ce titre, il a été très impliqué dans l’évaluation des risques liés à l’ESB et dans l’élaboration de lignes directrices pour l’évaluation des OGM.

Gérard Pascal est aussi expert en Sécurité Alimentaire de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Il a été nommé membre de la Commission du Génie Biomoléculaire où il est en charge de la quasi totalité des dossiers pour l’évaluation de la sécurité sanitaire des plantes génétiquement modifiées.

Les Conférences

Organismes génétiquement modifiés et santé : mythes et réalités

Cette présentation  sera limitée aux plantes génétiquement modifiées (PGM), dont les produits sont destinés à l’alimentation humaine ou animale.
La description de leurs méthodes d’obtention, des espèces végétales concernées et de l’importance mondiale de leur culture, permettra de planter le décor et d’identifier les questions sanitaires potentielles que peuvent poser les PGM : risques liés aux protéines nouvellement produites en très faible quantité dans la plante, risque allergène de ces protéines et risques d’effets non intentionnels, non prévisibles de la transformation génétique.
Le premier type de risques peut être évalué par les méthodes classiques de la toxicologie. Le risque allergène pour l’homme ne peut être évalué avec une sécurité absolue, comme pour toute autre protéine alimentaire en raison d’une lacune de méthode totalement adaptée. Les effets non intentionnels sont évalués à partir d’une comparaison de la PGM avec la plante parentale dont on estime qu’elle ne contient aucun  élément toxique et qu’elle n’est en aucun cas dangereuse pour la santé de l’homme; c’est le concept d’équivalence en substance.
Aucun risque avéré n’a pu être mis en évidence pour les PGM, actuellement objets d’une demande de mise sur le marché, en dépit des affirmations de certains dont les arguments ne sont pas scientifiquement fondés, même s’ils sont largement repris par les médias.

Le spectre de la maladie de la « vache folle »

Cette maladie est devenue l’exemple type d’une crise alimentaire de grande ampleur dont la gestion scientifique et politique s’est avérée particulièrement délicate.
Cette étude de cas au cours de l'escalade de la crise de la « vache folle » (ESB), souligne les faits saillants des approches de l'analyse des risques de l'ESB au Royaume-Uni, en France et dans l'Union européenne dans la période allant de 1989 à 1996.
Au niveau de l'Union européenne, l'évaluation et la gestion des risques étaient profondément imbriquées au sein de la Direction générale de l'agriculture de la Commission européenne, dans un processus conduit par une majorité de ressortissants du Royaume-Uni qui avaient des intérêts particuliers à défendre. Il n'y a pas eu de consultation des parties prenantes, et les points de vue minoritaires ont été gardés sous silence.

Heureusement, juste après l'annonce d'une possible transmission de l'ESB à l'homme par le ministère de la Santé du Royaume-Uni, en mars 1996, la crise en cours au sein de la Commission européenne a conduit à la création du comité scientifique multidisciplinaire (MDSC) sur l'ESB puis, à l'automne 1997, à la mise ne place d’un comité scientifique directeur (CSD) spécifiquement chargé des questions liées à l’ESB. Le CSD a fourni, au cours de ses deux mandats, de 1997 à 2003, la plupart des avis utiles pour les gestionnaires de risques, même si parfois certains États membres et pays tiers ont fait entendre leurs protestations. Cependant, les événements lui ont souvent donné raison, en particulier pour ce qui concerne l'évaluation du risque géographique d'ESB. D'autres opinions du CSD ont divergé de celles émises par des comités nationaux. Il ne faut pas en être surpris dans des situations où les incertitudes scientifiques imposent de prendre en compte non seulement les faits, mais aussi de tenir compte de la plausibilité d’hypothèses dont la vraisemblance peut être interprétée de différentes façons.

Méthodologie d’évaluation des risques alimentaires

Cette présentation sera essentiellement consacrée au risque chimique, mais le risque microbiologique pourra être abordé lors de la discussion, en fonction des souhaits de l’assistance. Elle s’intégrera dans la description de la méthodologie générale d’analyse de risques internationalement acceptée.
Si les premières mesures administratives et réglementaires (prévention, contrôle et répression) de gestion des risques alimentaires datent du début du 20ème siècle en France et aux Etats-Unis, la véritable naissance d’une méthodologie d’évaluation résulte des travaux de la FAO/OMS à la fin des années 1950, à l’initiative du toxicologue français le Pr. R. Truhaut.

Conçue au départ pour l’évaluation du risque sanitaire des additifs alimentaires, cette méthodologie a été étendue progressivement aux contaminants et aux résidus de pesticides. Son évolution sera décrite en s’appuyant sur les progrès fantastiques de la biologie.

De nouvelles approches ont été proposées récemment pour répondre aux questions posées par les cancérogènes génotoxiques d’une part et par les expositions aux très faibles doses (cas des composants des emballages, des arômes de certains contaminants et résidus) d’autre part.
Enfin, pour encore mieux répondre aux attentes des consommateurs en matière de sécurité sanitaire des aliments, la recherche travaille à la validation de nouvelles méthodes nées des progrès de la post-génomique (régulation de l’expression des gènes par les constituants de l’alimentation : métabolomique et méthodes d’empreintes analytiques).  

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