François de Singly
L’intervenant
Professeur de sociologie à la Faculté des sciences humaines et sociales de la Sorbonne depuis 1990, François de Singly est un spécialiste reconnu de sociologie de la famille, du genre, de l’éducation aussi bien dans le champ scientifique que dans l’opinion publique.
Il dirige un important laboratoire de sociologie – le Centre de recherches sur les liens sociaux (Université Paris Descartes et Centre National de la Recherche Scientifique), dans lequel il a rassemblé une cinquantaine de chercheurs, dont Jean-Claude Kaufmann, et une trentaine de doctorants pour impulser un nouveau flux de recherches notamment en sociologie compréhensive afin d’appréhender la manière dont chacun construit son propre monde.
Il a développé un grand nombre d’études quantitatives et qualitatives sur la manière dont les femmes et les hommes vivent, jugent leurs relations mutuelles. Francois de Singly a assuré et assure des responsabilités collectives : il préside par exemple la Commission « sociologie » du CNRS, mais il est aussi actuellement chargé de mission « Savoir et cultures » auprès d’Axel Kahn -président de l’Université Paris Descartes, membre du comité de rédaction de la revue franco-québécoise Lien social et politiques et membre du comité scientifique de Sociologie du travail.
Il dirige plusieurs collections chez le plus ancien éditeur universitaire français, Armand Colin (collections « Individu et société », « 128 Sciences sociales ») et a publié – outre des articles, une trentaine d’ouvrages dont Fortune et infortune de la femme mariée (PUF, Paris, 1987 /Poche, 2003); Sociologie de la famille contemporaine (Armand Colin, Paris, 2007); Le Soi, le couple et la famille (Nathan, Paris, 1996 /Poche, 2005); Libres ensemble (Nathan, Paris, 2000 /Poche, Paris, 2003); L’injustice ménagère (Armand Colin, Paris, 2007 /Poche, 2008); Comment aider l’enfant à devenir lui-même (Armand Colin, Paris, 2009).
Après avoir situé ses travaux dans la perspective de ceux de Pierre Bourdieu et du féminisme, il développe aujourd’hui ses recherches dans le cadre d’une sociologie de la « seconde modernité » en Europe, analysant le processus d’individualisation et la construction sociale de l’identité personnelle, notamment dans L’individualisme est un humanisme (Editions de L’aube, Poche, 2007); Les uns avec les autres (A. Colin, Paris, 2003 et Poche, 2005); Les adonaissants (Armand Colin, Paris, 2006 /Poche 2007) ; Les sociologies de l’individu (Armand Colin, Paris, 2009) .
Conférences
Les ailes et les racines ou la transformation des liens familiaux
Dans l’histoire, la famille a joué le rôle central dans la transmission patrimoniale et éducative. Ce n’est pas un hasard si une des représentations dominantes de la famille est alors l’arbre généalogique. Or la modernité en Occident a progressivement déstabilisé cette conception verticale.
Les familles sont devenues aussi un espace au sein duquel les enfants acquièrent leur autonomie et les adultes préservent leur identité personnelle.
Comment concilier « les ailes » de la modernité avec « les racines » de la transmission ? Nous proposerons d’analyser les manières dont les individus contemporains tentent de répondre à ce défi en inventant de nouvelles façons de vivre ensemble.
Des liens qui tiennent mais qui n’attachent pas : vers une « société liquide » ?
Dès l’entrée dans la modernité, même les progressistes se sont inquiétés de la crise du lien social : les individus seraient-ils suffisamment bien « tenus » pour être heureux du fait que les liens hérités étaient rompus ou desserrés ?
C’est par exemple le questionnement de Durkheim dans Le Suicide. Un siècle plus tard, l’interrogation ressurgit, avec Robert Putnam dans « Bowling alone ».
Nous examinerons cette thèse du déclin du capital social, en étant attentif à la réinvention d’autres formes de liens, moins solides, plus électifs, plus virtuels…Cela nous permettra de discuter aussi la théorie de Zygmunt Bauman sur la société liquide.
L’amour comme illusion et comme utopie
Dans la vie privée, les rapports entre hommes et femmes prennent souvent la coloration amoureuse. Il est possible de concevoir, à la suite des théories féministes, l’amour comme un des moyens de rendre acceptable la domination masculine, en rendant aimable l’homme.
Il est possible de concevoir également, à la suite de l’histoire de l’imaginaire amoureux, l’amour comme un des supports de la construction de l’identité personnelle grâce à un type spécifique de reconnaissance.
Avec des emprunts à des films, des romans, à la philosophie (Badiou), à la sociologie (Beck), nous appréhenderons l’ambiguïté de l’amour, et ses effets sur les rapports entre les genres.
Ouvrage publié aux Etats-Unis
Modern Marriage and Its Cost to Women: A Sociological Look at Marriage in France, University of Delaware Press, 1996
Liens
Vers le site du conférencier :
http://www.singly.org/francois/
Vers des interviews :
http://www.dailymotion.com/video/x35ykw_francois-de-singly-le-point-de-vue http://www.dailymotion.com/video/x36pch_petite-enfance-francois-de-singly_politics
http://www.europe1.fr/Radio/Videos-podcast/Les-interviews-du-matin/Francois-de-Singly-et-Serge-Hefez
http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/MAN9740574195/la-famille.fr.html
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